Meilleure solution pour réduire les gaz à effet de serre

Meilleure solution pour réduire les gaz à effet de serre

La lutte pour contrer les changements climatiques ne se limite pas uniquement à la réduction des combustibles fossiles pour la production d’énergie ou le transport. Dans son plus récent ouvrage, Drawdown[1], le réputé écologiste américain Paul Hawken propose 80 solutions scientifiques pour diminuer les gaz à effet de serre, validées par 70 chercheurs. Parmi toutes ces solutions, celle qui vient en tête de liste en termes de gain pour contrer le réchauffement climatique est :

« La récupération proprement des gaz frigorigènes contenus dans les appareils produisant du froid. »

Pour créer ce froid, les réfrigérateurs, congélateurs et climatiseurs ont utilisé des chlororofluorocarbones (CFC) et utilisent dorénavant des halocarbures comme les hydrofluorocarbones (HFC). Leur capacité à réchauffer l’atmosphère est mille (HFC) à dix mille fois (CFC) supérieure au dioxyde de carbone (CO2). Tous ces appareils produisent des émissions lors de leur production, au moment du remplissage, en service et lorsqu’ils fuient, mais c’est à leur fin de vie que les dégâts sont les plus importants : 90 % des émissions sont alors produites, est-il précisé dans le livre. Si les réfrigérants (ou les appareils qui les utilisent) ne sont pas éliminés comme il se doit, ils sont libérés dans l’atmosphère et contribuent au réchauffement. Ces affirmations confirment les conclusions de Guus Velders concernant l’importance des HFC dans la lutte contre les changements climatiques[2].

Stephen Montzka et al.[3] écrivait le 16 mai dernier dans la revue Nature, une étonnante augmentation de la présence de CFC-11 dans l’atmosphère. Or ce gaz a été grandement utilisé comme réfrigérant dans des équipements industriels et commerciaux et aussi comme agent de gonflement dans les mousses isolantes soit dans les réfrigérateurs domestiques ou en isolation de bâtiments.  Ce gaz a été interdit dès 1996 dans les pays développés et en 2010 dans les pays en voie de développement par le protocole de Montréal signé en 1987.  Certains auteurs[4] suggèrent que cette augmentation serait en partie attribuable à une mauvaise gestion des appareils de climatisation en fin de vie en Chine.

Ces publications mettent en commun l’importance d’une saine gestion des appareils contenant des halocarbures. Bien que les travaux de PureSphera n’aient pas l’envergure de ces études, nous avons constaté qu’en dépit de réglementations sur les halocarbures, la majorité des gaz des appareils en fin de vie au Canada est émise à l’atmosphère, rejoignant ainsi les conclusions de ces études.  Dans leur résumé technique, les auteurs de Drawdown considèrent que la gestion des réfrigérants est difficile à mettre en œuvre dans les pays en développement. Il existe de faibles réglementations sur le contrôle des fuites et la récupération en fin de vie. De plus, il n’y a pas d’incitations économiques pour la récupération des frigorigènes. Le financement, la formation, les obstacles techniques et informatifs sont également quelques-unes des limites de l’adoption de la solution. Les analyses et l’expérience terrain de PureSphera nous démontrent que dans un pays développé comme le Canada, le constat est sensiblement le même.  Les auteurs proposent aussi que des politiques et réglementations sur le recyclage et la gestion des fluides frigorigènes doivent être formulées et mises en œuvre. Des réglementations strictes telles que l’interdiction complète de la ventilation des frigorigènes pour les appareils domestiques et la mise en place d’une responsabilité des réfrigérants contenus dans les appareils frigorifiques en fin de vie doivent être introduites dans les législations provinciales. Les incitations économiques pour la récupération, le recyclage et la destruction des frigorigènes, telles que la reconnaissance de crédits compensatoires, contribueraient à accroître le taux de récupération.

La solution existe au Canada, mais elle n’est pas assez adoptée. PureSphera est la seule entreprise au Canada qui extrait les gaz réfrigérants et les gaz qui servent d’agent de gonflement dans les mousses des réfrigérateurs pour ensuite les faire détruire et les transformer en crédits compensatoires afin de les vendre sur le marché du carbone WCI. Par contre, la réglementation provinciale et fédérale sur les halocarbures n’est pas respectée et donc plus de 85 % de ces gaz sont rejetés dans l’atmosphère.

[1] Drawdown – Comment inverser le cours du réchauffement planétaire, de Paul Hawken, Actes Sud, 576 p., parution le 16 mai 2018. http://www.drawdown.org/solutions/materials/refrigerant-management

[2] J. M. Velders, Guus & al.  Future Atmospheric Abundances and Climate Forcings from Scenarios of Global and Regional HFC Emissions. Atmospheric Environment, p. 200-209, November 2015.

[3] Montzka, Stephen A. & al. An Unexpected and Persistent Increase in Global Emissions od Ozone-Depleting CFC-11. Nature 557, p. 413-417, May 16, 2018.

[4] Huabo Duan & al. Chiling Prospect: Climate Change Effects of Mismanaged refrigerants in China. Environmental Science and technology, May 7, 2018.