L’importance de réduire les HFC – selon la réunion du Protocole de Montréal

L’importance de réduire les HFC – selon la réunion du Protocole de Montréal

À l’issue de la réunion annuelle du Protocole de Montréal qui avait lieu à Quito, les Parties ont pris les mesures les plus énergiques pour accroître l’efficacité énergétique des équipements de refroidissement parallèlement à la réduction obligatoire des frigorigènes HFC au titre de l’amendement de Kigali.

L’amendement de Kigali, qui devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2019, vise à réduire considérablement l’utilisation future de produits chimiques libérant de puissants gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Ils sont utilisés dans les réfrigérateurs, les climatiseurs et les appareils connexes. Les pays qui ont ratifié l’amendement de Kigali se sont engagés à réduire de plus de 80% la production et la consommation projetées de ces gaz, appelés hydrofluorocarbures (HFC). Jusqu’à présent, 58 parties ont signé l’amendement.

Les auteurs de l’évaluation ont estimé que la mise en œuvre de l’amendement de Kigali pourrait permettre au monde d’éviter jusqu’à 0,5 ° C de réchauffement planétaire au cours de ce siècle, affirmant ainsi qu’il était essentiel de maintenir la hausse de la température mondiale sous la barre des 2 ° C.

« Ces nouveaux résultats d’évaluation soulignent l’importance d’une surveillance continue à long terme des HFC dans l’atmosphère lorsque l’amendement de Kigali commence à être appliqué », a déclaré David Fahey, co-président du groupe d’évaluation scientifique du Protocole de Montréal et scientifique au Laboratoire de recherche sur le système terrestre relevant de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA) aux États-Unis.

Une conformité totale à l’amendement réduirait le réchauffement climatique futur dû aux HFC d’environ 50% d’ici 2050 par rapport à un scénario sans contrôle des HFC.

Les conclusions de l’évaluation arrivent au moment où le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a délivré un message radical qui donne à réfléchir à la communauté internationale affirmant que le monde dispose de seulement 12 années pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 ° C, avant que l’impact d’une nouvelle hausse des température ne se fasse ressentir. Les températures auront en effet un impact de plus en plus extrême sur la société humaine et les écosystèmes. Le rapport du GIEC a fourni la preuve la plus claire à ce jour de la différence radicale entre les scénarios de réchauffement à 1,5 ° C ou 2 ° C.

« Les émissions de dioxyde de carbone restent, de loin, les gaz à effet de serre majoritairement responsables du réchauffement de la planète. Mais nous pouvons également aider à lutter contre le changement climatique en réduisant notre dépendace à l’égard d’autres gaz, y compris les HFC. Chaque réchauffement compte », a déclaré le Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, Petteri Taalas.

L’évaluation, qui vise à renforcer le fondement scientifique des décisions prises par les Parties au Protocole de Montréal, présente également des scénarios actualisés pour permettre la récupération de l’ozone grâce à :

  • l’élimination complète des émissions contrôlées et non contrôlées de substances telles que le tétrachlorure de carbone et le dichlorométhane
  • la récupération et la destruction des banques de chlorofluorocarbures (CFC), halons et hydrochlorofluorocarbures (HCFC)
  • l’élimination de la production de HCFC et de bromure de méthyle
  • l’atténuation des émissions d’oxyde nitreux

Voir ces articles  :

L’évaluation du protocole de Montréal confirme le rétablissement de la couche d’ozone ainsi qu’un potentiel inexploité pour l’action climatique : ONU Environnement

 Montreal Protocol aims high in Quito to avoid 1ºC of future warming – Energy efficiency gains can double climate benefit from refrigerant switch