Climat: un virage majeur est nécessaire

« Nous sommes la première génération à ressentir les impacts du changement climatique et la dernière à pouvoir les arrêter. Les actions à poser vont au-delà de la partisanerie. »
Catherine McKenna, ministre fédérale de l’Environnement et du Changement climatique

 

Laisser l’essentiel des énergies fossiles dans le sol, transformer en profondeur le secteur des transports, préserver les milieux naturels et changer notre alimentation… Pour tenter de sauver le climat de la planète, il faudrait opérer un virage « sans précédent » dans tous les aspects de la société. Or, nous sommes très loin du but, y compris au Canada, selon ce qui se dégage du nouveau rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

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Le problème, soulignent les scientifiques, c’est que les engagements des États conduisent le monde vers une hausse moyenne des températures de plus de 3 °C. Une situation qui provoquerait une multiplication des événements climatiques extrêmes, un recul des zones cultivables et des ressources en eau dans plusieurs régions, une fonte irréversible des glaces des pôles, un dégel du pergélisol qui libérerait d’énormes quantités de méthane, la montée considérable du niveau des océans, l’afflux de millions de réfugiés climatiques et la disparition de pans majeurs de la biodiversité mondial

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Le GIEC estime que les cibles de réduction de gaz à effet de serre ne seront pas atteintes

Le monde n’atteindra pas son objectif le plus rigoureux des 25 dernières années en matière de changements climatiques à moins que les dirigeants politiques ne fassent preuve de la volonté nécessaire pour agir plus rapidement et plus directement afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le rapport vise à donner des lignes directrices scientifiques sur comment la communauté internationale peut atteindre ses objectifs relativement aux changements climatiques. Il devrait toutefois montrer que la planète est en voie de se réchauffer de 1,5 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle d’ici 2040.

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Carbon Brief, un site web britannique spécialisé dans la recherche scientifique et les politiques sur le climat, a passé en revue 70 études approuvées par les pairs. À partir de cet examen, il a affirmé, vendredi, qu’avec un réchauffement de 1,5 degré Celsius, le niveau des mers augmenterait en moyenne de 48 centimètres contre 56 centimètres avec un réchauffement de 2 degrés.

De plus, le groupe a estimé les chances d’avoir un été sans glace dans l’Arctique à 3 pour cent avec un réchauffement de 1,5 degré Celsius comparativement à 16 pour cent avec un réchauffement de 2 degrés.

Et la fréquence des pluies torrentielles dans l’est du Canada passe de 26 pour cent avec un réchauffement de 1,5 degré Celsius à 55 pour cent avec un réchauffement de 2 degrés.

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Pourquoi et comment rester à +1,5 °C, selon le rapport du GIEC

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par l’homme ont déjà fait grimper la température mondiale de 1 °C depuis la Révolution industrielle. « Il est probable » que le réchauffement atteigne 1,5 °C entre 2030 et 2052, s’il garde son rythme actuel.

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Les répercussions sur les espèces sera moindre à +1,5 °C : moins de feux de forêts, de perte de territoires, d’espèces invasives… À +1 °C, 4 % de la surface terrestre changera d’écosystème ; à +2 °C, ce sera 13 %.

Une augmentation de 1,5 limiterait l’acidification de l’océan (liée aux concentrations accrues de CO2), qui menace la survie d’espèces (poissons, algues, etc.) et, avec elle, les services que la nature rend à l’homme (pêche, pharmacopée…).

+1,5, l’Arctique connaîtra un été sans banquise par siècle ; ce sera un par décennie à +2.

La baisse de productivité du maïs, du riz ou du blé sera plus limitée à +1,5° qu’à 2, de l’Asie du Sud-est à l’Amérique latine, dit encore le rapport, qui décrit aussi des risques accrus pour la ressource d’eau, la sécurité alimentaire et la santé.

Faire plonger les émissions de CO2 de toute urgence

Pour rester à +1,5 °C, il faut faire décliner les émissions de CO2 bien avant 2030 et fortement (-45 % d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 2010), pour ensuite arriver, vers 2050, à une « neutralité carbone » : c’est-à-dire cesser d’envoyer dans l’atmosphère plus de CO2 que l’on peut en absorber.

« Neutralité » implique de ne plus garder que les émissions « résiduelles », pour les secteurs ne pouvant s’en passer, comme l’aviation. Ce surplus de CO2 devra être pompé (ce sont des « émissions négatives »).

Les autres GES (méthane, HFC, carbone, suie…) seront à réduire aussi, bien que moins prioritaires que le CO2, car moins persistants.

Quant à la possibilité de dépasser le seuil de +1,5, pour faire redescendre le mercure plus tard au cours du siècle, le GIEC en souligne les risques – certains irréversibles, comme l’extinction d’espèces – et les incertitudes sur l’efficacité de l’extraction du CO2 à grande échelle.

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Selon le rapport, quelque 2400 milliards de dollars d’investissements annuels seront nécessaires entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques, soit 2,5 % du PIB mondial. Un coût qu’il faut mettre en regard avec celui, bien plus élevé, de l’inaction, soulignent les scientifiques.

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Changements climatiques : des lois pour changer les habitudes des ménages?

« Compte tenu des délais, on ne pourra pas se fier à la bonne foi et la bonne volonté des consommateurs, car la commande est assez grande », estime le professeur émérite du département de marketing de HEC Montréal.

Jacques Nantel a pris connaissance du rapport alarmant du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui suggère des changements rapides dans les habitudes quotidiennes pour limiter à 1,5 °C la hausse du climat mondial.

Pour les consommateurs, le rapport cible deux changements : la réduction drastique de la consommation de viande et un passage rapide à des modes de transports verts.

« Malheureusement, ça ne risque pas d’arriver rapidement, à moins d’une intervention gouvernementale. »

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Les changements climatiques et le syndrome de l’autruche

Les changements climatiques ont le même effet sur la population que sur les politiciens. L’enjeu les préoccupe, mais quand vient le temps de passer de la parole aux actes, il y a un pas qu’ils ne sont pas prêts à franchir. Les scientifiques nous disent pourtant que la planète a un grave cancer et nous faisons l’autruche. Pourquoi?

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C’est le fameux syndrome de l’autruche, bien documenté par des sociologues et des psychologues : face à un problème qui nous semble insurmontable, nous faisons tout pour l’ignorer.

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« C’est difficile à réconcilier, parce que dans le cas du climat, l’ennemi, c’est chacun d’entre nous. Nous sommes grégaires, ajoute M. Marshall, on aime se savoir partie d’un groupe qui se bat contre un autre groupe, mais quand il s’agit de se battre tout le monde ensemble, il n’y a plus d’ennemi ».

Se priver maintenant, mais pourquoi?

Une des raisons pour lesquelles personne n’ose prendre le taureau de la crise climatique par les cornes, c’est qu’elle appelle à un abandon de ce qui rend la vie harmonieuse. Nos véhicules, nos déplacements rapides en avion, nos grandes maisons chauffées ou notre succulent repas quotidien de viande.

Si elle était prise sérieusement, la crise climatique obligerait aussi les gouvernements à sacrifier de lucratifs projets de développement économique au nom de l’avenir de la planète.

« Prendre des mesures pour lutter aujourd’hui contre les changements climatiques implique qu’il y a un coût immédiat afin d’éviter des pertes plus importantes dans l’avenir », indique M. Marshall.

Le problème, c’est qu’il est impossible de connaître ces pertes futures avec précision. Les conséquences sont incertaines, ce qui plombe grandement une possible mobilisation publique, qu’elle soit citoyenne ou étatique.

De plus, la crise climatique est confrontée au problème économique du resquilleur, qu’on peut illustrer ainsi : si mon voisin prend sa voiture, pourquoi me priverais-je de la mienne? Pourquoi profiterait-il de mes actions alors qu’il ne fait rien?

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Il conseille aussi de parler beaucoup plus des bénéfices de lutter contre les changements climatiques : les emplois, l’image, la fierté nationale.

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Arbres, fuites de gaz, aspirer le carbone: trois idées oubliées pour sauver le climat

Les arbres absorbent du dioxyde de carbone par la photosynthèse, et aident à stocker ce carbone dans le sol. La déforestation conduit donc à laisser plus de carbone dans l’atmosphère, ce qui réchauffe la planète.

C’est pour cela que les forêts et la végétation en général sont considérées comme une solution centrale au problème du carbone – potentiellement des centaines de millions de tonnes supplémentaires de CO2 absorbables par an. Si seulement les humains cessent de défricher.

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Les gaz hydrofluorocarbures (HFC) sont les réfrigérants des climatiseurs, mais les climatiseurs fuient, ce qui réchauffe l’atmosphère. En accélérant le remplacement des HFC par d’autres gaz moins nocifs, les émissions pourraient baisser de 5 à 16% entre 2015 et 2025, selon un rapport publié cette semaine par la coalition America’s Pledge.

Les fuites des puits et gazoducs sont une autre source majeure de gaz à effet de serre, en l’occurrence du méthane, dont le pouvoir réchauffant est très supérieur à celui du CO2. Il faudrait réparer les fuites, jusqu’au bout du circuit de distribution… les conduites de gaz de ville.

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Rapport du GIEC